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Conférence de presse du 19 juin 2020 tenue par le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2020/06/19

Comme convenu par la Chine et l'Union européenne (UE), le Premier ministre du Conseil des Affaires d'Etat Li Keqiang tiendra le 22e sommet Chine-UE avec Charles Michel, Président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, par liaison vidéo le 22 juin.

CCTV : Pourriez-vous nous donner plus de détails sur ce sommet ? Et qu'en attend la Chine ?

Zhao Lijian : Le sommet Chine-UE joue un rôle d'orientation dans les relations Chine-UE. Lors de ce sommet, le Président Xi Jinping rencontrera par liaison vidéo le Président du Conseil européen, Charles Michel, et la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le Premier ministre Li coprésidera la réunion virtuelle avec le Président Michel et la Présidente von der Leyen.

Cette année marque le 45e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'UE. Il s'agit de la première rencontre officielle entre les dirigeants chinois et les nouveaux dirigeants de l'UE. La Chine attache une grande importance à cette réunion et est disposée à travailler avec l'UE pour faire en sorte que la réunion aboutisse à des résultats positifs, renforcer la coopération Chine-UE dans la lutte contre la pandémie et la relance de l'économie, approfondir la coopération pragmatique dans des domaines tels que l'économie, le commerce et l'investissement, l'interconnexion, le changement climatique et l'innovation scientifique et technologique, renforcer la coordination des politiques sur les problèmes internationaux et régionaux brûlants, préserver conjointement le multilatéralisme et relever ensemble les défis mondiaux, afin de promouvoir un nouveau développement des relations bilatérales dans l'après-Covid-19 et de contribuer à la paix et à la stabilité mondiales et à la reprise économique mondiale.

The Globe and Mail : Nous avons vu que des accusations ont été officiellement portées contre Michael Kovrig et Michael Spavor. Ils ont été arrêtés il y a 557 jours. Nous avons vu des accusations, mais nous n'avons vu aucune preuve à charge. Pourriez-vous nous dire ce qu'ils auraient fait ? Quels secrets auraient-ils volés ? Quels secrets auraient-ils prétendument et illégalement fournis à des entités étrangères ?

Zhao Lijian : Concernant l'affaire Michael Kovrig, après enquête, la deuxième branche du Parquet populaire de la municipalité de Beijing a officiellement poursuivi Michael Kovrig, de nationalité canadienne, devant le deuxième Tribunal populaire intermédiaire de la municipalité de Beijing le 19 juin 2020, pour avoir secrètement collecté des secrets d'Etat et des renseignements pour les forces étrangères.

L'acte d'accusation fait grief à l'accusé Michael Kovrig d'avoir secrètement recueilli des secrets d'Etat et des renseignements pour des organisations étrangères dans des circonstances particulièrement graves, ce qui a enfreint l'article 111 du Code pénal de la République populaire de Chine. Les faits sont clairs et les preuves solides et suffisantes. L'accusé devrait être poursuivi en responsabilité pénale au titre de l'accusation susmentionnée.

Dans l'affaire Michael Spavor, après enquête, le Parquet populaire de Dandong de la province du Liaoning a officiellement poursuivi Michael Spavor, de nationalité canadienne, devant le Tribunal populaire intermédiaire de Dandong le 19 juin 2020, pour avoir secrètement collecté et fourni illégalement des secrets d'Etat aux forces étrangères.

L'acte d'accusation fait grief à l'accusé Michael Spavor d'avoir secrètement collecté des secrets d'Etat et de les avoir fournis illégalement aux forces étrangères pendant son séjour en Chine dans des circonstances particulièrement graves, ce qui a enfreint l'article 111 du Code pénal de la République populaire de Chine. Les faits sont clairs et les preuves solides et suffisantes. L'accusé devrait être poursuivi en responsabilité pénale au titre de l'accusation susmentionnée.

China Daily : L'équipe d'experts médicaux anti-épidémie envoyée par la Chine en Palestine est revenue en Chine le 18 juin. Pourriez-vous nous donner plus de détails sur leur travail en Palestine ? De quelle manière la Chine a-t-elle aidé la Palestine à combattre le Covid-19 ?

Zhao Lijian : Pour aider la Palestine à faire face à l'épidémie, le gouvernement chinois a envoyé une équipe d'experts médicaux en Palestine qui est restée dans le pays du 10 au 18 juin.

Pendant son séjour en Palestine, l'équipe d'experts médicaux a partagé des technologies et de l'expérience sur le Covid-19 avec des fonctionnaires du gouvernement palestinien, des experts techniques et des travailleurs médicaux de première ligne, et a discuté et étudié conjointement avec eux les mesures de prévention, de contrôle et de traitement sur le terrain, visité 23 hôpitaux, laboratoires et instituts, organisé 36 activités d'échange et de formation, formé environ 500 personnes et signé un accord-cadre de coopération sur la télémédecine. La partie palestinienne a activement adopté les propositions et les conseils de l'équipe chinoise d'experts médicaux pour renforcer les mesures de prévention et de contrôle de l'épidémie et améliorer les capacités en matière de diagnostic et de traitement.

L'envoi de l'équipe d'experts médicaux témoigne de la profonde amitié entre les peuples chinois et palestinien et marque un nouveau départ de la coopération approfondie dans les domaines médical et de la santé publique entre la Chine et la Palestine. A la lumière du concept de communauté de destin pour l'humanité, la Chine continuera à fournir une assistance au mieux de ses capacités à la Palestine et à d'autres pays de la région en fonction de leurs besoins et à apporter des contributions positives à la sécurité sanitaire publique dans la région du Moyen-Orient.

RIA Novosti : Le magazine américain National Interest a publié un article du Président russe Vladimir Poutine dans lequel il déclarait qu'il serait irresponsable de supprimer le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité. Il a également déclaré que les dirigeants des cinq membres permanents soutiennent tous l'initiative proposée par la Russie d'organiser un sommet des cinq membres permanents. Il a appelé tous les pays à déclassifier et à divulguer les archives historiques de la Seconde Guerre mondiale. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

Zhao Lijian : En ce qui concerne votre première question sur le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : la Charte des Nations unies accorde un droit de veto aux membres permanents, ce qui montre les responsabilités particulières qu'ils assument dans le maintien de la paix et de la sécurité mondiales. En tant que membre permanent, la Chine adopte une attitude prudente et responsable dans l'exercice du droit de veto. Nous continuerons de le faire.

Quant à l'appel du Président Poutine aux pays à déclassifier les archives de la Seconde Guerre mondiale, cette année marque le 75e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et de la fondation des Nations unies. En tant que grandes nations victorieuses de la Seconde Guerre mondiale et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine et la Russie restent toutes deux attachées à la vision largement reconnue de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et s'opposent aux tentatives de déformer l'histoire.

Comme l'a souligné le Président Xi lors d'une conversation téléphonique avec le Président Poutine le 8 mai, la Seconde Guerre mondiale est une calamité sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La Chine et la Russie, en tant que principaux théâtres des opérations en Asie et en Europe pendant la guerre, ont fait d'énormes sacrifices et des contributions indélébiles à la victoire finale, sauvant ainsi l'humanité de la disparition. Ce chapitre de l'histoire mérite d'être gravé pour toujours dans notre cœur.

La Chine soutient que tous les membres de la communauté internationale doivent préserver fermement les fruits de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et l'équité et la justice internationales, soutenir et pratiquer le multilatéralisme, et rester déterminés à construire la paix mondiale, à contribuer au développement mondial et à maintenir l'ordre international.

Concernant la tenue d'un sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Chine a déclaré à maintes reprises son attitude positive. Nous soutenons l'initiative de la Russie de tenir un sommet des cinq membres permanents et sommes prêts à maintenir la communication avec les autres membres permanents au sujet des arrangements spécifiques.

AFP : Tout d'abord, le Président Donald Trump a déclaré hier que les Etats-Unis maintiennent l'option politique d'un « découplage » complet avec la Chine. Quelle est la position de la Chine à ce sujet ? Cela pourrait-il affecter la mise en œuvre de l'accord commercial de phase I ? Ma deuxième question concerne les reportages des médias disant que la Chine a libéré les soldats indiens capturés lors du récent affrontement frontalier. La Chine peut-elle confirmer cela ?

Zhao Lijian : En ce qui concerne votre première question, en cette ère de mondialisation, les intérêts de tous les pays sont étroitement liés. La formation et le développement des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales sont le résultat d'interactions entre les lois du marché et les décisions commerciales. En tant que tel, il est irréaliste et insensé de tenter de couper les chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales ou de changer la loi économique par les forces politiques. Ces pratiques n'aideront pas à résoudre les problèmes intérieurs des Etats-Unis et ne feront que nuire davantage aux Américains ordinaires.

Concernant votre deuxième question, autant que je sache, actuellement, la partie chinoise ne détient personne de la partie indienne.

Shenzhen TV : Selon les médias australiens, pendant que le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies tenait un débat urgent sur le racisme aux Etats-Unis, l'Australie a travaillé dans les coulisses, a tenté de modifier le texte du projet de résolution avant de voter et a fait pression pour une approche édulcorée mettant l'accent sur l'importance de toutes les vies pour arrêter le vote sur le projet de résolution appelant à une enquête sur le racisme et les violences policières aux Etats-Unis. L'Australie est considérée comme un mandataire américain, car elle n'a épargné aucun effort pour pousser à une enquête internationale indépendante sur le coronavirus et a ensuite fait tout ce qu'elle pouvait pour contrecarrer une enquête sur le racisme aux Etats-Unis. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : J'ai noté les reportages concernés. Cela relève une fois de plus l'hypocrisie de certaines personnes en Australie qui pratiquent sans scrupule le « deux poids, deux mesures » et entreprennent des manœuvres politiques dans les affaires internationales. Nous avons un conseil à donner au pays concerné : s'il veut vraiment faire sentir sa présence dans la gestion des affaires internationales, il doit apprendre à porter un jugement objectif et impartial, en faisant la distinction dans les affaires entre ce qui est juste et ce qui est erroné.

Australian Broadcasting Corporation : Le gouvernement australien a affirmé qu'un acteur étatique sophistiqué avait mené des attaques informatiques à grande échelle contre l'Australie. Certaines informations des médias australiens indiquent qu'il s'agirait de la Chine, bien que le Premier ministre australien ne nomme pas le pays. Quelle est la réponse de la Chine à cela ?

Zhao Lijian : La Chine est un ardent défenseur de la cybersécurité et également l'une des plus grandes victimes du piratage informatique. Nous nous opposons fermement à toutes les formes de cyber-espionnage et de cyber-attaques en les combattant conformément à la loi. Cette position est cohérente et claire.

Je pense que ce à quoi vous faites référence dans votre question, c'est l'ASPI. La Chine a souligné à plusieurs reprises que cet institut a été financé par le gouvernement américain et des marchands d'armes. L'ASPI se complaît à créer et à diffuser des histoires anti-Chine. Menant la charge en calomniant la Chine, il n'a aucune crédibilité à proprement parler. L'attaque et l'accusation de cet institut contre la Chine, dénuées de tout fondement factuel, sont purement et simplement des absurdités.

CCTV : Nous avons noté que CGTN avait diffusé hier un documentaire en anglais sur la lutte contre le terrorisme dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang en Chine, intitulé « Tianshan toujours debout : mémoires de la lutte contre le terrorisme au Xinjiang ». Le même jour, le dirigeant américain a promulgué la « Loi sur la politique des droits de l'Homme des Ouïgours ». Pourquoi le documentaire susmentionné a-t-il été diffusé à ce moment précis ?

Zhao Lijian : Les questions liées au Xinjiang ne concernent pas les droits de l'Homme, l'ethnie ou la religion, mais la lutte contre le terrorisme violent et le séparatisme. Le documentaire sur la lutte contre le terrorisme dans le Xinjiang met en lumière la nécessité de la lutte contre le terrorisme et de la déradicalisation au Xinjiang et les énormes efforts de la Chine en la matière, avec des cas spécifiques et des faits clairs. Les efforts de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation menés par le gouvernement de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang sont raisonnables et légitimes, en freinant effectivement la tendance des activités terroristes fréquentes et croissantes. Le Xinjiang n'a connu aucun événement terroriste violent au cours des trois dernières années. Le droit des populations de diverses ethnies à la vie, à la santé et au développement a été effectivement protégé. La politique du gouvernement chinois concernant le Xinjiang a été largement saluée par la communauté internationale.

Cependant, la loi concernée de la partie américaine ignore les faits et attaque de manière malveillante la politique du gouvernement chinois concernant le Xinjiang et la situation des droits de l'Homme au Xinjiang, dans le but de stigmatiser les mesures du Xinjiang pour lutter contre le terrorisme, le séparatisme et la radicalisation, et de pratiquer le « deux poids, deux mesures » dans la lutte contre le terrorisme. La Chine s'oppose fermement à cela.

Le Xinjiang fait partie du territoire chinois et les affaires du Xinjiang relèvent purement des affaires intérieures de la Chine. Nous sommes déterminés à sauvegarder la souveraineté, la sécurité et les intérêts en matière de développement de la Chine, ainsi qu'à préserver le développement, la stabilité et la solidarité interethnique du Xinjiang. La tentative de la partie américaine visant à s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine, à salir la Chine et à contenir le développement de la Chine sous prétexte de questions liées au Xinjiang est vouée à l'échec.

Reuters : Une question complémentaire sur les Canadiens. Nous avons appris auprès de l'Ambassadeur de Chine au Canada le mois dernier que l'accès aux visites consulaires a été interrompu pendant l'épidémie de Covid-19. Maintenant, ces deux personnes sont officiellement poursuivies. Ont-elles accès aux visites consulaires ?

Zhao Lijian : La partie chinoise offre les commodités aux fonctionnaires consulaires étrangers en Chine conformément à la Convention de Vienne sur les relations consulaires, aux accords bilatéraux pertinents et aux lois et règlements chinois. Pendant l'épidémie, pour assurer la sécurité des détenus, les visites consulaires des détenus ont été suspendues et elles reprendront lorsque la situation épidémique s'améliorera. Je vous renvoie aux autorités compétentes pour plus de détails.

China News Service : Des manifestations contre la Chine ont eu lieu à de nombreux endroits en Inde à la suite de la grave situation dans la vallée de Galwan dans la section ouest de la frontière sino-indienne. Certaines organisations se sont rassemblées devant l'Ambassade de Chine en Inde pour protester, manifester et boycotter les produits chinois. Selon des reportages, le gouvernement indien prévoit d'ouvrir une enquête antidumping sur plus de 100 produits chinois, demandant aux opérateurs de télécommunications de cesser d'acheter des équipements chinois et déconseillant aux Indiens d'utiliser des applications mobiles de conception chinoise. Quelle est la réponse de la Chine à cela ?

Zhao Lijian : Je tiens à réitérer que ce qui est juste et ce qui est erroné dans la grave situation dans la vallée de Galwan est très clair et que la responsabilité incombe entièrement à la partie indienne. Les deux parties sont en communication sur la détente de la situation par les voies diplomatiques et militaires. La Chine attache de l'importance aux relations sino-indiennes et espère que l'Inde collaborera avec la Chine pour maintenir ensemble l'intérêt général du développement à long terme des relations bilatérales.

Global Times : Le Secrétaire d'Etat adjoint américain David Stilwell a déclaré lors d'un point de presse le 18 juin que le Secrétaire d'Etat Pompeo et le Directeur Yang Jiechi avaient discuté de la question de la RPDC lors de leur dialogue, et que la question de la RPDC était évidemment un domaine de coopération entre les Etats-Unis et la Chine. Il a déclaré que « si les Etats-Unis et la Chine peuvent tous deux travailler ensemble à ce sujet, il semble que la RPDC comprendrait l'importance de revenir à la table et de discuter de son programme nucléaire et d'autres questions ». Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

Zhao Lijian : La partie chinoise a publié des informations sur le dialogue entre le Directeur Yang Jiechi et le Secrétaire d'Etat américain Michael R. Pompeo à Hawaï. En ce qui concerne la question de la péninsule coréenne, M. Yang a déclaré que la promotion du processus de règlement politique de la question de la péninsule correspondait aux intérêts communs de toutes les parties. La Chine reste déterminée à maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule, à réaliser la dénucléarisation et à résoudre les problèmes par le dialogue et la consultation. Nous préconisons la promotion du règlement politique de la question de la péninsule selon l'approche à double voie et de manière progressive et synchronisée. Nous espérons que les Etats-Unis et la RPDC iront dans le même sens, répondront aux préoccupations légitimes de chacun et prendront des mesures concrètes pour faire avancer le processus du règlement politique.

PTI : L'Inde a été élue à un siège non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Comment la Chine voit-elle cette élection particulière de l'Inde au Conseil de sécurité des Nations unies, compte tenu de l'état actuel des tensions militaires entre les deux pays ? C'est probablement l'occasion de réexaminer le statut des membres permanents du Conseil de sécurité. La Chine peut-elle reconsidérer l'expansion du Conseil de sécurité ?

Zhao Lijian : Sur votre première question, le Conseil de sécurité est un organe important mandaté par la Charte des Nations unies pour maintenir la paix et la sécurité internationales. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la Chine est prête à renforcer sa coopération avec tous les membres du Conseil de sécurité, y compris les membres non permanents nouvellement élus, dont l'Inde, et à remplir conjointement les obligations énoncées dans la Charte des Nations unies.

Concernant votre deuxième question, la position de la Chine sur la réforme du Conseil de sécurité est cohérente et claire.

China Radio International : La Chambre de commerce des Etats-Unis a déclaré dans un communiqué le 18 juin qu'elle restait « un ardent défenseur des marchés ouverts et du libre-échange, y compris avec la Chine, ce qui est mutuellement bénéfique, sûr et sans risque ». Elle a également déclaré que « la clientèle chinoise de 1,4 milliard de consommateurs est le marché qui connaît la croissance la plus rapide pour les entreprises américaines, grandes et petites, et ne peut être ignorée ». Malgré les « défis considérables en matière de sécurité nationale, de géostratégie politique et d'économie » dans les relations américano-chinoises, le maintien d'une relation bilatérale stable sert les intérêts américains et est propice à la paix et à la stabilité mondiales. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Je suis entièrement d'accord sur le fait que le maintien d'un développement stable des relations sino-américaines est propice à la paix et à la stabilité mondiales. Les relations économiques et commerciales sino-américaines sont mutuellement bénéfiques par nature. Les fondamentaux de l'économie chinoise sont stables et tendent au mieux à long terme. Les dividendes de la réforme et de l'ouverture continuent d'être libérés et les perspectives de développement de la Chine sont prometteuses. Les entreprises américaines tirent depuis longtemps d'énormes avantages du marché chinois. En choisissant de renforcer la coopération économique et commerciale avec la Chine, le monde des affaires américain a pris une bonne et sage décision, car leur choix leur apporte des opportunités et un avenir.

L'histoire et la réalité montrent qu'en tant que deux grands pays, la Chine et les Etats-Unis bénéficient de la coopération et souffrent de la confrontation. Les deux parties partagent de larges intérêts communs et bénéficient d'un large espace de coopération. Il existe également des différences entre les deux parties, qui devraient et peuvent être correctement traitées sur la base du respect mutuel. Nous espérons que la partie américaine travaillera avec la Chine pour développer conjointement une relation caractérisée par le non-conflit, la non-confrontation, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant, en tenant compte des intérêts communs des deux peuples et du bien-être fondamental du peuple du monde.

Australian Broadcasting Corporation : Sur ma question précédente concernant des cyberattaques contre l'Australie, vous avez demandé si cela vient du rapport de l'ASPI. Le Premier ministre australien a affirmé aujourd'hui qu'il y avait eu des attaques informatiques à grande échelle. Pourriez-vous confirmer que vous pensez que l'accusation vient de l'ASPI ?

Zhao Lijian : J'ai clairement exposé la position de la Chine sur cette question.

The Globe and Mail : S'agissant de l'affaire Michael Kovrig et de l'affaire Michael Spavor, vous avez dit que les accusations portaient sur des « circonstances particulièrement graves ». Dans une section sur les secrets d'Etat dans le Code pénal chinois, il est stipulé que de tels agissements peuvent être punis de la peine de réclusion à perpétuité. Dans une autre section, il est stipulé que des circonstances aussi graves peuvent être punies de la peine capitale. Michael Kovrig et Michael Spavor pourraient-ils être condamnés à mort dans le cadre de ces accusations ?

Zhao Lijian : Je ne réponds pas aux questions hypothétiques. Des accusations ont été formulées, et seront suivies de procès.

The Globe and Mail : Ma question n'était pas une question hypothétique. Vous avez utilisé un langage très précis selon lequel les accusations portaient sur des circonstances particulièrement graves. Le Code pénal chinois comprend deux références à des accusations particulièrement graves. Dans un cas, il évoque une peine allant jusqu'à la prison à vie, et dans un autre cas, il évoque une peine allant jusqu'à la peine capitale. Et je vous demande à quoi vous faites référence.

Zhao Lijian : Je viens de le dire clairement. Des accusations ont été formulées, et seront suivies de procès. Veuillez patienter.

Reuters : Encore une question sur la mise en accusation des Canadiens. Cela intervient peu de temps après la décision concernant l'affaire Meng Wanzhou et beaucoup de gens ont dit que les deux étaient liées. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

Zhao Lijian : S'agissant des affaires concernant les deux citoyens canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, la Chine a exprimé sa position à plusieurs reprises et je viens de vous informer des derniers développements. La Chine est un Etat de droit. Les organes judiciaires chinois traitent les affaires de manière indépendante et protègent les droits légitimes des deux Canadiens conformément à la loi.

La position de la Chine sur l'affaire Meng Wanzhou est cohérente et claire. Les Etats-Unis et le Canada ont abusé de leur traité d'extradition bilatéral et ont arbitrairement pris des mesures impératives contre un citoyen chinois. Il s'agit d'un grave incident politique qui viole gravement les droits et intérêts légitimes de la citoyenne chinoise en question. Le gouvernement chinois est déterminé à protéger les droits et intérêts légitimes des citoyens et des entreprises chinois.

The Globe and Mail : Une dernière question. Quelle est la position du gouvernement chinois sur la « diplomatie des otages » ?

Zhao Lijian : Ce n'est qu'une question piège. Je viens d'exposer clairement la position de la Chine. Vous pouvez peut-être demander à la partie canadienne ce qu'elle pense de la « diplomatie des otages ».

Bloomberg : La réunion des Ministres des Affaires étrangères de Chine, de Russie et d'Inde se tiendra-t-elle toujours ?

Zhao Lijian : Je n'ai rien d'autre à ajouter que les informations que nous avons publiées hier.

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A l'issue de la conférence de presse, les questions suivantes ont été posées : Pourriez-vous nous informer des tenants et des aboutissants de l'affrontement dans la vallée de Galwan ? Quelle est la position de la Chine sur le règlement de cet incident ?

Zhao Lijian : La vallée de Galwan est située du côté chinois de la ligne de contrôle effectif (LCE) dans la section ouest de la frontière sino-indienne. Depuis de nombreuses années, les troupes frontalières chinoises patrouillent et sont de service dans cette région. Depuis avril dernier, les troupes frontalières indiennes ont unilatéralement et continuellement construit des routes, des ponts et d'autres installations sur la LCE dans la vallée de Galwan. La Chine a déposé des représentations et protestations à plusieurs reprises, mais l'Inde est allée encore plus loin pour traverser la LCE et faire des provocations. Le 6 mai au petit matin, les troupes frontalières indiennes, qui ont traversé la LCE durant la nuit et pénétré sur le territoire chinois, ont construit des fortifications et des barricades, entravant les opérations de patrouille normales des troupes frontalières chinoises. Elles ont délibérément provoqué des incidents dans une tentative de changer unilatéralement le statu quo du contrôle et de la gestion. Les troupes frontalières chinoises ont été forcées de prendre les mesures nécessaires pour répondre à la situation sur le terrain et renforcer la gestion et le contrôle dans les zones frontalières.

Afin d'apaiser la situation, la Chine et l'Inde sont restées en communication étroite par les voies militaires et diplomatiques. En réponse à la demande énergique de la partie chinoise, l'Inde a accepté de retirer le personnel qui a traversé la LCE et de démolir les installations, ce qu'elle a fait. Le 6 juin, les troupes frontalières des deux pays ont tenu une réunion au niveau du commandant d'armée et sont parvenues à un consensus sur l'atténuation de la situation. La partie indienne s'est engagée à ne pas traverser l'estuaire de la rivière Galwan pour patrouiller et construire des installations, et les deux parties se sont accordées à discuter et à décider du retrait progressif des troupes lors des réunions entre les commandants sur le terrain.

De manière choquante, le soir du 15 juin, les troupes frontalières de première ligne de l'Inde, en violation de l'accord conclu lors de la réunion au niveau du commandant d'armée, ont à nouveau franchi la ligne de contrôle effectif pour mener une provocation délibérée, alors que la situation dans la vallée de Galwan s'était déjà apaisée. Elles ont même attaqué violemment les officiers et soldats chinois qui s'y sont déplacés pour mener des négociations, déclenchant ainsi de violents conflits physiques et faisant des victimes. Les actes aventureux de l'armée indienne ont gravement sapé la stabilité des zones frontalières, menacé la vie du personnel chinois, violé les accords conclus entre les deux pays sur la question des frontières et enfreint les normes fondamentales régissant les relations internationales. La Chine a déposé des représentations solennelles et de vives protestations auprès de la partie indienne.

Au cours de sa conversation téléphonique avec le Ministre indien des Affaires extérieures, S. Jaishankar, le Conseiller d'Etat et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a réitéré la position solennelle de la Chine, exigeant que l'Inde mène une enquête approfondie sur l'incident, punisse sévèrement les responsables, discipline strictement les troupes indiennes de première ligne, et cesse immédiatement tout acte de provocation afin d'assurer que de tels incidents ne se reproduisent plus. Une deuxième réunion au niveau du commandant d'armée devra être organisée dès que possible pour faire face à la situation sur le terrain. Les deux parties ont convenu de traiter de manière juste la situation grave causée par l'affrontement dans la vallée de Galwan, de respecter l'accord conclu lors de la réunion au niveau du commandant d'armée, d'apaiser la situation sur le terrain dès que possible et de maintenir la paix et la tranquillité dans les zones frontalières, conformément aux accords bilatéraux déjà conclus.

La Chine espère que l'Inde travaillera avec nous, suivra fidèlement l'important consensus atteint par les dirigeants des deux pays, respectera les accords conclus entre les deux gouvernements, renforcera la communication et la coordination pour gérer correctement la situation actuelle par les voies diplomatiques et militaires, et maintiendra conjointement la paix et la stabilité dans les zones frontalières.

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