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Interview accordée par M. ZHU Bangzao, Ambassadeur de Chine en Suisse, sur des questions concernant la situation au Tibet
2008/03/24

      Le 21 mars, M. Zhu Bangzao, Ambassadeur de Chine en Suisse, a répondu aux questions posées par un  journaliste suisse concernant la situation au Tibet, etc. Il s'agit de la dernière interview qu'il a accordée avant son départ définitif de son poste en Suisse. En voilà de très larges extraits.

Q : Quelles sont les raisons pour le « soulèvement » dans la Région du Tibet ?

R : Je me souviens qu'au début on parlait de la « répression », puis « l'utilisation de la violence contre les manifestants pacifiques », et maintenant vous parlez du « soulèvement ». Ces propos sont-ils responsables ? Avant de répondre à votre question, j'aimerais vous montrer un film dont certains images ont été tournées par des amateurs, afin de vous aider à comprendre ce qui s'est réellement passé à Lhassa le 14 mars.

(Après avoir visionné le film ...) Adresse du film sur l'Internet : http://www.china.org.cn/2008-03/21/content_13232442.htm

Je pense que les images sont plus parlantes. Le 14 mars dernier, de graves incidents se sont produits à Lhassa. Une poignée de séparatistes et d'indépendantistes se sont livrés à des actes criminels extrêmement violents contre des civils innocents, tels que saccages, sabotages, lynchages, pillages, mises à feu, etc., causant de lourdes pertes en vies humaines et en biens matériels. Selon le bilan provisoire établi par les autorités compétentes, 56 voitures civiles ou policières ont été saccagées ou incendiées ; 13 personnes innocentes de différentes ethnies, y compris de l'ethnie tibétaine, ont trouvé la mort brûlées vives ou poignardées ; des dizaines de policiers ont été blessés, dont 4 grièvement ; 61 policiers anti-émeute blessés, dont 6 grièvement ; plus de 300 sites incendiés, dont 214 sont des habitations civiles ou magasins. A partir de ces faits, pourrait-on encore prétendre que c'était une manifestation « pacifique » ou un « soulèvement » ? Non, absolument pas ! De toute évidence, ce sont des actes criminels extrêmement violents perpétrés contre des civils innocents. Face à ce genre de situation, les autorités de la Région autonome du Tibet ont pris des mesures nécessaires pour rétablir l'ordre public, en envoyant sur place des renforts de police et de police anti-émeute. Ces agents de police n'ont pas porté d'armes à feu, ce qui veut dire qu'ils ont fait preuve d'une grande retenue. Ce qui est révoltant, c'est que la clique du Dalaï Lama et une certaine presse internationale ont fait passer ces actes criminels aussi violents que brutaux pour des  « manifestations pacifiques » ou un « soulèvement », tandis que les mesures prises par le gouvernement de la Région autonome du Tibet, pour une « répression ou des violences contre des manifestants pacifiques ». Nous ne pouvons nous empêcher de poser cette question, quels sont leurs buts en faisant cela ?

Q : Quel rôle joue le Dalaï Lama?

R :  Nous avons suffisamment de preuves pour prouver que ces actes criminels extrêmement violents perpétrés par des émeutiers à Lhassa sont prémédités, fomentés et organisés minutieusement par la clique du Dalaï Lama. De plus, nous avons déjà révélé des informations selon lesquelles, dans certaines régions tibétaines de la province du Sichuan et de la province du Gansu, presque dans le même temps, les mêmes scènes de violences se sont produites. La clique du Dalaï Lama a cherché à étendre ce genre de violences dans d'autres provinces chinoises. Sur le plan international, une dizaine de représentations diplomatiques chinoises ont fait l'objet d'attaques violentes de manifestants indépendantistes tibétains. (Journaliste : Par exemple, à Zurich ?). Oui, par exemple à Zurich. Imaginez, dans le monde entier, presque au même moment, avec les mêmes moyens, créant les mêmes dégâts, n'est-ce pas qu'il y a une orchestration et une organisation évidentes là-derrière ? Au moment opportun, nous révélerons les preuves en notre possession. (Journaliste : Pourquoi le Dalaï Lama a fait cela ?) Parce qu'il cherche à semer des troubles au Tibet à un moment sensible pour la Chine. Comme vous le savez, au moment où avaient lieu ces incidents, l'Assemblée populaire nationale se réunissait à Beijing pour son importante session annuelle, et il y aura bientôt des Jeux olympiques à Beijing. En créant sciemment des incidents, voire des incidents sanglants, il pourrait attirer l'attention internationale, mettre le soi-disant problème de Tibet au cœur de l'actualité internationale, pour saboter les Jeux Olympiques de Beijing, mais aussi pour atteindre son objectif de diviser la Chine. (Journaliste : Mais, le Dalaï Lama a dit qu'il n'est pas pour un boycott des Jeux olympiques de Beijing ?) Je vais vous dire ce qu'est le Dalaï Lama. On dirait qu'il est un chef spirituel, un prix Nobel ou un pacifiste qui prône la non-violence etc.. Non, ce n'est qu'une apparence ! Le Dalaï Lama n'a jamais été un simple religieux, mais un exilé et réfugié politique qui s'est livré depuis longtemps à l'étranger à des activités scissionnistes visant à saboter l'unité nationale. Il avait au début prôné de façon fiévreuse l'indépendance du Tibet, et puis en constatant que cela ne marchait pas, il a changé de tactique pour prétendre qu'il suivrait la « voie du milieu », à savoir, il ne chercherait plus l'indépendance du Tibet mais une autonomie plus large. En fait, il n'a jamais renoncé à l'indépendance du Tibet. Premièrement, il ne reconnaît pas que le Tibet fait partie de la Chine depuis l'antiquité. Deuxièment, il ne reconnaît pas le système actuel, c'est-à-dire, les systèmes économique, politique et social de la région du Tibet, et cherche à le remplacer par un autre. Je vous rappelle que dans l'histoire, le Tibet vivait un système de théocratie et de servage extrêmement noir. Le Dalaï Lama était un chef de cette théocratie et le plus grand propriétaire des serfs au Tibet. Troisièmement, il tente de créer un « grand Tibet » qui s'étend sur presque un quart du territoire chinois, en fait, ce « grand Tibet » n'a jamais existé dans l'histoire. Quatrièment, il demande à la Chine de retirer ses troupes du « grand Tibet ». Cinquièmement, il demande de déplacer toutes les ethnies non tibétaines dehors du « grand Tibet ». D'ailleurs, le soi-disant « gouvernement tibétain en exil » dont le Dalaï Lama est le chef a proposé, dans la « Charte des Tibétains en exil », l'établissement d'une « république autonome démocratique et fédérale » au Tibet. Alors, jugez vous-même, ce que prétend le Dalaï Lama, c'est une autonomie ou une indépendance ? Cette fois-ci, d'un côté, le Dalaï Lama cherche à fomenter des troubles au Tibet, en accusant que le gouvernement chinois serait un « régime de terreur » et qu'il y aurait un « génocide culturel » dans la région autonome, n'est-ce pas une incitation à des violences ? de l'autre côté, il a dit qu'il est prêt pour le dialogue, est-ce sérieux ? On peut y trouver une hypocrisie et une double face évidentes. Donc, à l'égard du Dalaï Lama, il nous faut non seulement écouter ce qu'il dit, mais aussi, ce qui est plus important, voir ce qu'il fait.

 Q : Pourquoi la Suisse a beaucoup critiqué la Chine  dans un communiqué officiel du samedi passé ?
 R : J'ai fait une représentation auprès des autorités suisses pour poser la même question. Je pense que, à l'insu de ce qui s'est réellement passé, les autorités suisses ont tenu des propos peu responsables. On disait au début que c'était une « répression », et puis on a changé pour dire que c'était une « émeute », alors maintenant les faits deviennent de plus en plus claires. Je vous signale qu'il y a des touristes étrangers, y compris des Canadiens, Anglais, Australiens et même un Suisse qui ont révélé dans des presses occidentales les atrocités et les actes criminels commis par des fauteurs de troubles à Lhassa. Lors qu'il se passe ce genre de troubles, il est naturel et nécessaire pour un gouvernement responsable de prendre des mesures pour protéger la sécurité des civils, y compris celle des étrangers, et pour rétablir l'ordre social. Mais, il y a des presses occidentales qui cherchent à dénaturer ou à falsifier les faits. Comme tout à l'heure vous avez vu dans le film, des policiers chinois étaient en train de sauver et d'évacuer un jeune d'un lieu d'émeute, mais on dit que c'étaient des forces de l'ordre chinoises qui amenaient par la force un manifestant pacifique, est-ce une attitude responsable ? (Journaliste : Pourquoi la Chine ne laisse pas les journalistes étrangers aller sur place pour faire des reportages ?) C'est pour assurer la sécurité personnelle des journalistes. Le Premier ministre Wen Jiabao a déjà promis lors de la conférence de presse suivant la clôture de l'APN que, quand la situation à Lhassa redeviendra normale, on organisera des visites sur place pour les journalistes étrangers. Maintenant, nous sommes en train d'y rétablir l'ordre normal. Je crois que, dans n'importe pays du monde, on fera la même chose face à ce genre de situation.

(Images dénaturées par certaines presses internationales)


 

Q : Quel rôle joue la communauté tibétaine en Suisse dans la campagne médiatique internationale contre la Chine ?
R : Je pense qu'il vous faut poser la question à la communauté tibétaine ici-même. Pour ma part, je dois dire sans équivoque que ce qui s'est passé à Zurich et à Genève le 15 mars constitue sans aucun doute une grave violation du droit international. Selon la « Convention de Vienne », le gouvernement suisse a le devoir et la responsabilité de protéger les représentations diplomatiques étrangères accréditées en Suisse. Mais, ce jour là, malgré l'intervention de la police zurichoise, des manifestants violents se sont livrés à des attaques et saccages contre notre consulat général à Zurich et notre mission auprès de l'OMC à Genève, causant des pertes matérielles et menaçant sérieusement la sécurité des personnels du consulat et de la mission. Ce qui est grave, c'est que, non seulement des représentations diplomatiques ou consulaires chinoises à Zurich ou à Genève ont fait l'objet d'une attaque violente, mais également des membres du personnel diplomatique chinois ont fait, même dans la rue, l'objet de jets de pierres, de menaces ou d'injures, est-ce imaginable dans un pays comme la Suisse qu'on considère comme un pays paisible ? (Journaliste :S'il arrive ce genre d'incidents, il y a une faute du gouvernement suisse ?) Je pense que le gouvernement suisse doit faire une enquête sur ce qui s'est passé. Pour nous, en ce qui concerne les événements du 15 mars, la responsabilité d'Etat de la Suisse est engagée. Nous avons déjà formulé notre demande aux autorités suisses, à savoir, présenter des excuses, réparer les dégâts subis par la partie chinoise, sanctionner les fauteurs de troubles selon la loi suisse, assurer la protection et la sécurité des représentations diplomatiques et consulaires de Chine en Suisse et de leur personnel, et garantir que ce genre d'incidents ne se reproduisent plus. Je pense les autorités suisses ont pris leur responsabilité à la suite de notre demande.

Q : Quand je parlais avec des gens de la communauté tibétaine suisse, ils ont dit que l'Ambassade exerce un contrôle sur eux, est-ce vrai ?
R : Jamais. Nous n'avons pas ce genre de missions ici. Ce sont de purs mensonges. Il y a trop de rumeurs fabriquées de toutes pièces à l'encontre de la Chine, il ne faut absolument pas y croire.

Q : En octobre 2008, le Dalaï Lama va venir en Suisse, le président de la confédération aura probablement un contact avec lui, d'ailleurs il l'avait rencontré autrefois en tant que ministre chargés des affaires religieuses. Comment votre pays va réagir si M. Couchepin le recevait ?
R : Je ne répond pas à des question de « si ». Mais, je peux vous dire que nous avons exprimé très sincèrement et très clairement notre position aux autorités suisses, à savoir, nous nous opposons à ce qu'un pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine accorde des tribunes au Dalaï Lama pour qu'il propage ses points de vue politiques séparatistes. Je vous ai déjà dit qu'il n'est pas un simple religieux, mais un exilé et réfugié politique. Comme vous le savez, il vient de menacer de démissionner. Mais démissionner de quoi ? De son titre politique ! Quel est son titre politique ? Chef de file du soi-disant « gouvernement en exil du Tibet ». Dans ce cas-là, faudrait-il encore lui réserver un accueil comme vous avez mentionné tout à l'heure ? Il ne faut surtout pas oublier que, chaque fois qu'il vienne ici, il y a une atteinte aux relations entre nos deux pays. Maintenant, les relations sino-suisses maintiennent un bon élan de développement, pour le préserver, il faut de part et d'autre faire des efforts.

Q : Croyez-vous un boycott des Jeux olympiques suite à ces événements à Lhassa ?
R : Non, surtout quand nous avons tiré au claire ce qui s'est réellement passé à Lhassa, est-ce qu'il y aurait encore une raison pour les boycotter ? Vous avez ici à Lausanne le siège du CIO, vous devez mieux savoir que moi que dans la « Charte olympique », il y a un principe très important selon lequel il ne faut pas politiser les sports.  Les Jeux olympiques se réunissent une fois tous les 4 ans, c'est un événement grandiose non seulement pour la Chine mais également pour le monde tout entier. D'ailleurs, ce sera la première Olympiade organisée en Chine, et ce sera également la première fois qu'un grand pays en développement a le privilège d'organiser un tel événement. Si l'on cherche à le boycotter, ce sera tomber dans le piège tendu par la clique du Dalaï Lama.

Q : Lundi passé, un journaliste de la station de télévision « TeleBärn » voulait filmer un interview devant votre ambassade. Des employés de l'Ambassade l'ont empêché de faire cet interview. Pourtant, il n'y a aucune restriction, en Suisse, de filmer en public. Votre employé a-t-il violé le droit suisse ?
 R : Je pense que la moindre des politesses, avant de faire ce genre de choses, c'est de nous prévenir et de demander notre permission, surtout au lendemain de ce qui s'est passé à Zurich et à Genève. Il était tout à fait naturel et normal qu' un fonctionnaire de l'ambassade leur demandait ce qu'ils faisaient là-bas. Ils ont dit qu'ils filmaient notre ambassade, mais c'était dans un lieu « public ». Je vous pose cette question, si votre maison était filmée comme cela, à votre insu et à un moment si inconvenable, quelle serait votre réaction ? Même un Suisse passant par là disait qu'il lui aurait fallu demander l'autorisation de l'ambassade. Et, je vous signale que c'était finalement la police cantonale de Berne qui a demandé à ces gens de partir. Je pense que la police bernoise a bien fait son devoir de protéger la sécurité des représentations diplomatiques à Berne.
 

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