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Allocution de M. Zhu Bangzao au BCVs
2004/11/16

Je suis très heureux de l'occasion qui m'est offerte de venir au Valais pour cette rencontre. Et je vous remercie de l'invitation et de l'accueil chaleureux qui n'est réservé.

J'aimerai, comme on me l'a demandé, aborder ici deux sujets : la situation actuelle de l'économie chinoise et la perspective du tourisme chinois en Suisse.

Comme tout le monde sait, la Chine se développe rapidement. Mais c'est au prix de beaucoup d'efforts assidus, mais aussi de tâtonnements, qu'elle a obtenu des résultats dont elle peut aujourd'hui être fière. La Chine est un pays en développement qui compte 1,3 milliards d'habitants et couvre une superficie de 9,6 millions de km. Si l'on fait une comparaison entre la Chine et la Suisse, le territoire chinois est 240 fois plus grand que la Suisse, la population chinoise est 178 fois plus nombreuse que celle de la Suisse. Ceci pour dire la difficulté et la complexité de l'édification économique et du développement en Chine. Mais nous avons réussi, au cours de 55 ans qui ont suivi la fondation de la Chine nouvelle, de transformer une Chine pauvre, arriérée, dont la base économique était extrêmement fragile, en un pays dont l'économie est en plein essor, et dont la vie de la population est parvenue à un niveau relativement aisé. Surtout depuis la réforme et l'ouverture pratiquées à partir de 1979, la Chine est entrée dans une période qui connaît le développement le plus rapide, les progrès les plus grands et le changement le plus profond jamais connus dans son histoire.

Pendant 25 ans depuis lors, la Chine a entrepris des réformes approfondies pour réaliser la transition de l'économie planifiée à une économie de marché. Aujourd'hui, le système d'économie socialiste de marché a été établi pour l'essentiel, celui de macro-contrôle économique s'est perfectionné progressivement, une économie ouverte a pris la forme, aussi bien la productivité que la force nationale du pays se sont renforcées, et la vie des Chinois a connu un changement historique, passant du stade de la subsistance simple au niveau d'aisance moyenne. De 1978 à 2003, l'économie chinoise s'est accrue en moyenne de 9,4% par an. Au cours de ces 25 ans, le PIB chinois est passé de 147 milliards à 1400 milliards de dollars, le volume de l'import-export de 20,6 milliards à 851 milliards de dollars, le réserve en devises de 167 millions à 403 milliards de dollars. Actuellement, la Chine est la 6ème grande économie dans le monde, et elle occupe le 4ème rang mondial pour ce qui est des performances du commerce extérieur.

Sur le plan de l'ouverture vers l'extérieur, jusqu'en juillet 2004, plus de 490 mille entreprises étrangères venues de 190 pays et territoires ont investi en Chine, en apportant d'environ 540 milliards de dollars. Parmi les 500 plus grandes sociétés internationales du monde, 400 se sont installées en Chine. La Chine fait le commerce avec 220 pays et territoires, 7470 entreprises chinoises se sont installées dans plus de 160 pays et territoire, avec un volume d'investissements de 33,2 milliards de dollars. La Chine honore sérieusement ses engagements envers l'OMC, le niveau du tarif douanier s'est abaissé de 15,3% en l'an 2000, année précédant l'accession de la Chine à l'OMC, à 10,4% aujourd'hui, la plupart des mesures non-tarifaires ont été supprimées, les domaines d'ouverture se sont beaucoup élargis. La Chine continue à encourager les investissements étrangers, s'efforce à créer un environnement juridique équitable et prévisible, à renforcer la protection des propriétés intellectuelles. Elle est aujourd'hui l'un des pays les plus sûres et les plus attractifs pour les investisseurs.

Nous avons certes remporté des succès remarquables, mais, l'économie chinoise doit encore surmonter des difficultés et relever de nombreux défis. Le problème le plus saillant est la croissance trop rapide et trop importante de la formation du capital fixe, surtout des investissements aveugles et les constructions répétées et de bas niveau dans certains secteurs ont créé de graves problèmes pour les ressources, l'environnement et le marché. Le gouvernement chinois est entrain d'agir activement pour résoudre ces problèmes en mettant l'accent sur l'approfondissement des réformes, sur la restructuration de l'économie nationale et sur la transformation du mode de croissance.

Depuis le début de cette année, des mesures de contrôle macroéconomique prises pour faire face aux problèmes apparus ont porté des fruits. D'après les statistiques, au cours des trois premiers trimestres, le PIB s'est accru de 9,5%, les recettes disponibles des habitants ont augmenté de 7%, les revenues des paysans de 11,4%. Les investissements dans les secteurs menacés d'une surchauffe tel que l'acier, le ciment et l'immobilier ont été considérablement ralentis, la tendance de croissance trop rapide de la formation du capital fixe commence à être contrôlée. Au cours de la même période, le résultat du commerce extérieur a atteint 828,5 milliards de dollars, soit 36,7% de plus par rapport à la même période de l'année précédente, et nous avons bonne espoir de dépasser 1000 milliards de dollars à la fin de l'année, ce qui placera la Chine au 3ème rang du commerce extérieur du monde entier.

Pour un pays aussi grand et peuplé que la Chine, un problème minime, multiplié par 1,3 milliards, deviendra un grand problème, par contre, un chiffre énorme, divisé par 1,3 milliards, deviendra insignifiant. Pour ne vous citer qu'un exemple, la forte pression sur l'emploi : Il faut savoir que la population active en Chine compte 740 millions de personnes, tandis que celle de tous les pays développés réunis n'en compte que 430 millions. Il y a chaque année en Chine quelque 10 millions de nouveaux demandeurs d'emploi, 14 millions de personnes qui ont pour une raison ou pour une autre quitté leurs postes de travail et qui demandent la reconversion ou le réemploi. On compte encore 120 millions de main-d'œuvre rurale qui viennent en ville en quête d'un travail. Tous ces chiffres prouvent la gravité du problème de l'emploi et du système de sécurité sociale en Chine.

A propos de la réforme du mécanisme du taux de change du RMB.

1.Jamais le taux de change du RMB n'a été figé. La Chine applique depuis 1994 le système de gestion unique et flottant du taux de change du RMB, le tarif du RMB contre le dollar a augmenté de 38% entre 1994 et 1997. Au moment de la crise financière asiatique en 1997, la Chine a insisté pour que sa monnaie en cours ne se dévalue pas et que le taux de change du RMB soit maintenu stable de la manière responsable. Depuis lors le secteur flottant du taux de change est réduit, et aujourd'hui, on parle d'une éventuelle réévaluation du RMB. En fait, il s'agit du problème de la réforme du mécanisme du taux de change du RMB. C'est un problème complexe qui touche à la stabilité de l'économie chinoise, régionale et mondiale. Il est compréhensible que la Chine fait preuve de prudence à cet égard.

2. L'objectif de la réforme doit être une plus grande flexibilité du mécanisme du taux de change du RMB pour mieux suivre l'offre et la demande du marché. Mais, en poursuivant cet objectif, il est nécessaire de maintenir la stabilité fondamentale du taux de change à un niveau raisonnable et équilibré. La réforme doit être basée sur la situation du contrôle macro-économique et du système bancaire, il faut également éviter des effets inespérés qui pourraient en résulter.

3. La Chine est un pays en développement, le RMB n'est pas encore internationalisé. Il serait difficile et injustifiable de chercher à résoudre les problèmes des structures économiques des pays développés en tablant sur une réévaluation du RMB. Pour que le taux de change du RMB soit plus flexible, il est nécessaire d'entreprendre des réformes préalables, telles que l'assouplissement du contrôle des comptes courants, l'ouverture du marché des capitaux, le perfectionnement du marché financier, la réforme des banques commerciales, etc. C'est ce que nous sommes en train de faire.

Nous sommes parfaitement conscients que par rapport aux pays développés, le niveau de la productivité chinoise reste encore en retrait, le PIB par habitant très bas, les ressources par habitant insuffisantes, et le développement loin d'être équilibré. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant de réaliser la modernisation. Notre objectif au cours des 20 premières années du 21ème siècle est de quadrupler notre PIB par rapport à l'an 2000, pour atteindre 4000 milliards de dollars, avec 3000 dollars de revenus par habitant. Pour réaliser cet objectif, il nous faut persister dans un développement plus équilibré, renforcer le contrôle macroéconomique, résoudre de façon adéquate les problèmes surgis au cours du développement économique, et qui touchent directement aux intérêts de la population, et promouvoir un développement global, harmonieux et durable.

J'aimerais dire ici un mot sur les relations économiques et commerciales entre la Chine et la Suisse. Elles ont connu un grand développement ces dernières années et nous en sommes satisfaits. Cette année, au cours des 9 premiers mois, le commerce entre nos deux pays a atteint 3,73 milliards de dollars, soit une croissance de 46,4% par rapport à la même période de l'année précédente, dépassant la totalité du chiffre de 2003, qui était de 3,5 milliards de dollars. Jusqu'au mois d'août 2004, nous avons déjà accordé la permission à 672 projets d'investissements suisses en Chine, avec un montant de 2,05 milliards de dollars, tandis que jusqu'à la fin de l'année dernière, ce chiffre était de 616. Nestlé, Novatis, Roche, ABB, UBS, Crédi suisse ainsi que nombreuses sociétés et entreprises suisses ont eu de grands succès sur le marché chinois. Actuellement, la Chine est entrain de mettre en oeuvre une stratégie pour mettre en valeur l'Ouest de la Chine et revitaliser le Nord-est, ancienne base industrielle. Et nous sommes en train de préparer les Jeux Olympiques de 2008 à Beijing et l'Exposition Universelle de 2010 à Shanghai. Tout cela offre un nouveau marché et de nouvelles opportunités d'investissements en Chine à tous les pays du monde, y compris la Suisse.

Avec le développement de l'économie et l'augmentation du niveau de vie des Chinois, le tourisme à l'étranger s'est rapidement développé depuis ces dernières années. Aujourd'hui, la Chine est le marché touristique qui se développe le plus rapidement dans le monde. Entre 1994 et 2003, 100 millions de Chinois ont voyagé à l'étranger, la croissance annuelle a été de 13,87%. Rien qu'en 2003, 20,22 millions chinois ont franchi les frontières, dépassant pour la première fois le nombre des touristes japonais (17 millions) à l'étranger. Au cours du premier semestre de cette année, 13,33 millions de Chinois ont pris leur valise, dont 79% sont des touristes privés. A partir de septembre dernier, les Chinois peuvent voyager par groupe dans 54 pays étrangers, dont 32 pays européens. La Chine est devenue un incontournable fournisseur des touristes dans le monde.

L'accroissement du nombre des touristes chinois à l'étranger constitue une belle occasion pour promouvoir la coopération touristique entre nos deux pays, et ouvre aussi une belle perspective au tourisme valaisan. La Suisse attire toujours beaucoup de touristes du monde entier, y compris des Chinois. D'après les statistiques du Tourisme suisse, en 2003, la part des nuitées des Chinois en Suisse n'était que de 0,3%, avec au total 46407 touristes en Suisse. En 2004, jusqu'à fin septembre, 85813 Chinois sont venus en Suisse, soit une augmentation de 85%, et le nombre des nuitées est passé de 170,000 en 2003 à 250,000 en 2004. En juin dernier, la Chine et la Suisse ont signé l'accord de l'ADS, la Suisse est devenu pays destinataire des touristes chinois par groupe. Les premiers touristes chinois après la signature de l'accord de l'ADS sont arrivés en Suisse au début de septembre, ils ont attiré l'attention des médias et fait l'objet d'un accueil chaleureux de la part de différents organismes touristiques et institutions suisses. Les autorités du tourisme suisses attendent beaucoup du marché chinois, beaucoup d'efforts ont été faits pour accueillir les touristes chinois. Elles ont déjà organisé des activités de promotion de grande envergure dans 8 agglomérations chinoises. Elles espèrent que le nombre de nuitées en Suisse des touristes chinois atteindra 400 mille en 2007, 700 mille en 2010, et 900 mille en 2015. J'aimerais vous dire aussi que nous avons également constaté une assez importante augmentation du nombre des touristes suisses en Chine. La Chine recèle beaucoup d'atouts dans le domaine du tourisme et deviendra l'un des tout premières destinations touristiques dans le monde. Vous êtes donc tous bienvenus en Chine. Je suis sûr que grâce aux efforts conjugués de part et d'autre, les échanges entre nos deux pays dans le domaine touristique se multiplieront, la compréhension et l'amitié entre nos deux peuples se renforceront, et nos coopérations bilatérales dans divers domaines se raffermiront encore davantage.

Merci de votre attention.

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